
Quand le développement personnel et le travail en entreprise prennent des chemins opposés…
Vous le vivez peut-être : vous commencez à lire des bouquins sur le développement personnel, la gestion du stress, l’intelligence émotionnelle… Bref, vous êtes en train de devenir une meilleure version de vous-même.
Mais voilà : votre travail, lui, est resté bloqué dans une autre époque. Une époque où « être stressé » est un signe de sérieux, où « travailler tard » est une preuve d’engagement, et où « prendre du temps pour soi » est réservé aux fainéants.
Résultat : vous avancez sur votre chemin personnel, mais dès que vous passez la porte du bureau, vous avez l’impression de faire un bond en arrière. C’est comme vouloir devenir végétarien dans une entreprise spécialisée dans le barbecue.
Heureusement, il y a des moyens subtils pour introduire votre développement personnel en Entreprise… sans que personne ne se rende compte que vous êtes en train de pirater l’entreprise de l’intérieur.
Voici comment je m’y suis pris pour réduire les temps de réunions hebdomadaires de mon Boss…sans qu’il s’en rende compte.
— « Tu vis sur quelle planète, toi ? »
Tout a commencé avec cette phrase… Je vous assure, cette phrase est tombée net, comme un jugement sans appel. Mon Directeur de site me regardait, les sourcils froncés, visiblement partagé entre l’incrédulité et un soupçon de mépris.
Je venais de suggérer un truc totalement à l’opposé de sa façon de travailler : réduire nos temps de réunion inutiles et, soyons fous, nous donner le droit d’agir sans devoir planifier des tonnes de process…
— « Sur une planète où on bosse mieux et où on évite de courir comme des lapins à la dernière minute, » ai-je failli répondre.
Je respire …. À la place, j’ai opté pour une version plus diplomatique :
— « Disons que j’essaie une approche plus « efficace » du travail. » Le sens du mot à toute son importance
— « Mouais… » Il a haussé un sourcil sceptique comme il sait si bien le faire. (On dirait Teal’c dans la série Stargate.) « Mais ici, on doit être réactifs ! »

Et voilà, ça continue… L’éternel malentendu. Passer deux heures en réunion avec mon boss pour savoir quoi faire des colis que personne ne veut mais que les clients ont payés, c’est ça, être réactif… ?
Je vous explique. Dans la tête de mon chef (et de pas mal de mes collègues, d’ailleurs), « travailler mieux » signifie travailler au dernier moment, quitte à tout faire dans l’urgence. Pour moi, qui étudie le développement personnel depuis des années, ça signifie prendre du recul, éviter les interruptions inutiles et agir intelligemment et du « faites-le-maintenant ! »
Bref, deux visions du monde qui s’affrontent.
J’ai pris une inspiration (sans fermer les yeux, sinon j’allais vraiment avoir l’air perché) et j’ai décidé de jouer un rôle : celui d’un coach, pas d’un rebelle, vous voyez.
— « Justement. Est-ce que tu veux qu’on soit réactifs… ou « efficaces » ? » Ce mot est parfait..
Gros Silence… Je venais de planter la graine.
— « À plus tard, Jean-Philippe… »
Mouais. Drôle d’échange quand même… Heureusement que mes pensées ne parlent pas.
Le lendemain matin…
Tous les matins, je fais une petite rétrospective. Je note mes objectifs du jour et je planifie mon travail en blocs de temps. J’arrive au bureau tranquille, organisé… et totalement en décalage avec le reste du monde.
À côté de moi, mes collègues vivent une toute autre réalité :
07h58 : Débarquement au bureau, deux cafés en main, déjà stressés par la tonne de mails non lus et les cartons à ranger.
08h15 : Petite réunion « du matin » où tout le monde prend des notes… mais où rien ne sera réellement appliqué.
11h00 : Explosion des urgences, tout le monde court dans tous les sens.
14h30 : Huitième café de la journée. Réunion avec le boss, trois discussions en parallèle. Aucun travail vraiment avancé.
18h00 : « Je suis débordé et j’ai pas avancé ! » → Mais 75 % du temps a été perdu dans des interruptions inutiles.
Et moi, au milieu, qui tente (en vain) d’appliquer mes méthodes de développement personnel au travail.

Enfin bref… Ce matin-là, j’avais décidé de ne pas consulter mes emails avant 10h, histoire de travailler sur mes priorités avant d’être noyé sous les demandes.
Résultat ?
À 08h45, Cédric débarque, paniqué.
— « T’as vu mon mail ? »
— « Je regarde mes mails plus tard pour avancer sur… »
— « Ok mais je t’ai mis en copie, c’est urgent. »
— « C’est quoi ? »
— « Un rappel pour la réunion de cet après-midi. »
J’ai failli pleurer… Ils se sont passé le mot…
Le problème ? Beaucoup de gens confondent urgence et importance.
Tout semble urgent, parce qu’on fonctionne dans un mode où l’instantanéité est devenue la norme. Mais si on prend deux minutes pour analyser la situation, on se rend compte que la plupart des urgences sont auto-créées.
Observez bien cela au travail.
Pourquoi sommes-nous si mauvais dans la gestion du temps en entreprise en France ?
J’ai fini par comprendre d’où venait le problème en étudiant la gestion du temps : nous avons développé une culture du travail qui nous piège dans une illusion d’efficacité.
D’un côté, nous subissons une avalanche d’interruptions. Emails, réunions qui s’éternisent, sollicitations de dernière minute… Résultat : impossible de se concentrer sur une tâche plus de quelques minutes sans être interrompu. Or, il faut en moyenne 23 minutes pour retrouver pleinement sa concentration après une coupure d’après des études en Neurosciences. Imaginez le carnage quand vous êtes interrompu dix fois par jour. On jongle entre mille tâches, mais au final, on n’avance sur rien en profondeur.
De l’autre, on est tombés dans l’excès inverse : la surplanification. On ne fait plus, on organise. Réunions à rallonge, tableaux Excel bourrés de plans d’action, comités de validation pour la moindre décision… On réfléchit, on discute, mais on agit trop peu. Cette obsession du cadrage nous donne l’illusion d’être productifs, alors qu’en réalité, elle ralentit tout. Au lieu d’aller droit au but, on s’alourdit avec des process qui nous font perdre un temps fou.
Au final, entre les interruptions permanentes, la surplanification et cette obsession de la présence au travail, on se retrouve à courir toute la journée sans avoir fait vraiment quelque chose de sa journée.
Manipuler mon boss sans qu’il s’en rende compte…
J’ai vite compris une chose dans ma vie professionnelle : personne n’aime qu’on lui dise qu’il fait mal les choses. Surtout pas la hiérarchie.
Règle N°1 : Si vous dites à votre patron qu’il a tort, vous êtes mort.
Alors, plutôt que de débarquer en mode « Je vais révolutionner votre vie », j’ai juste posé une question… à laquelle j’avais déjà la réponse.
Ce matin-là, mon directeur débarque, l’air fatigué. Plus que d’habitude.
— « J’ai l’impression que mes journées sont une course sans fin. »
Allez, c’est le moment, Jean-Phi !
— « Tu veux une astuce pour récupérer deux heures par jour ? »
Il me regarde, intrigué.
— « Vas-y, je t’écoute. »
— « Fais la liste de ce qui te prend du temps et demande-toi : qu’est-ce qui est vraiment indispensable ? » (Merci le programme de Gestion du Temps.)
Il me fixe, sur la défensive.
— « Tu crois que j’ai le temps de faire ça ? »
Classique.
— « OK. Alors, dis-moi, tu perds combien de temps en réunions inutiles ? »
Long silence. Regard vague. Bingo.
Il s’éloigne. À toute à l’heure, patron…
Le test ultime : la réunion la plus absurde (mais la plus efficaces) de ma vie

14h30. Réunion hebdomadaire. Sept personnes autour de la table.
Mon boss, toujours fatigué, attaque :
— « Premier point : le rapport mensuel. Qui l’a lu ? »
Silence. Personne.
Cédric me regarde du style -j’espère que tu a lu le mail –
Encore une fois, c’est pour ma pomme… (Évidemment.)
J’ose une remarque, innocente mais désespérée :
— « Donc… on va passer 20 minutes à analyser un document que personne n’a lu ? »

Petit malaise collectif.
Je vous tiens tous. (Rire machiavélique intérieur.)
Mon boss, gêné :
— « Euh… Bon, on va juste voir les points clés. »
(Traduction : il ne l’a pas lu non plus.)
Progrès ! Il veut écourter. Peut-être que la discussion de ce matin l’a fait réfléchir…
Puis vient le moment crucial.
— « Et pour le projet des pièces en reliquat, on fait quoi ? »
Là, j’ose une approche radicale :
— « Chacun propose une action concrète en 30 secondes. Top chrono. »
Gros blanc. Ils ne sont pas prêts.
Puis Cédric (il a toujours de bonnes idées, celui-là, je l’aime bien) :
— « Euh… On pourrait lancer un sondage client s’il ils veulent que l’on s’occupent des pièces pour retour au fournisseur ? »
L’assistante du boss enchaîne :
— « Bonne idée. On fixe une deadline ? »
En 5 minutes, on a une décision claire.
Mon boss hoche la tête, l’air songeur.
— « C’était… efficace, aujourd’hui. »
Oui « Efficace » ! je crois que ce mot l’a fait réagir
14h45. Réunion pliée.
Comment j’ai réussi à faire croire à mon boss que c’était son idée
Un jours plus tard, mon boss débarque à mon bureau, tout fier de lui. Avec un café pour moi ( tiens donc…)
— « J’ai réfléchi… On va tester un nouveau format de réunions, plus courtes et plus structurées. »
Je souris intérieurement.
— « Excellente idée ! »
Et voilà comment, au lieu d’être vu comme un rêveur naïf avec des techniques de développement personnel des années 90, j’étais devenu un acteur du changement sans même qu’ils ne s’en rendent compte.
La moralité de cette histoire : soyez le coach du changement, pas le gourou incompris
Les gens détestent qu’on leur dise quoi faire… mais ils adorent avoir de bonnes idées.
Alors, plutôt que de jouer les révolutionnaires du développement personnel et de passer pour l’illuminé du bureau, adoptez une approche plus subtile. Semez des graines, guidez sans imposer… et surtout, amusez-vous !
Soyons honnêtes : vous n’aurez jamais de médaille pour ça.
Votre patron ne vous enverra pas un email de gratitude.
Vos collègues ne vous applaudiront pas en open space.
Mais voir les mentalités évoluer, petit à petit ? C’est un vrai plaisir.
Si vous vous sentez en décalage entre votre vision du travail et celle de votre entreprise, voici comment jouer intelligemment votre rôle de coach :
✅ Posez des questions plutôt que d’imposer vos solutions. Plantez des graines. Laissez l’idée germer dans leur tête.
✅ Parlez résultats, pas « méthodes à la mode ». Votre boss s’en fiche du dernier best-seller sur la productivité. Il veut des chiffres, du concret.
✅ Proposez des changements simples et actionnables. Pas de concepts abstraits, juste des ajustements qui apportent un vrai impact.
Et un jour, sans prévenir, votre patron arrivera avec un air satisfait et vous lâchera fièrement :
— « Tu sais quoi ? J’ai découvert un truc génial pour mieux gérer mon temps… »
À ce moment-là, vous pourrez juste hocher la tête en silence… et savourer votre victoire. 😉
Et si vous arrêtiez (vraiment) de perdre votre temps ?
On a tous vécu ces réunions absurdes, ces journées qui filent sans qu’on sache où est passé notre temps, ces « urgences » qui n’en sont pas… Et pourtant, il est possible de reprendre le contrôle.
Je ne vais pas vous vendre du rêve : les interruptions ne disparaîtront pas, et votre boss ne se transformera pas du jour au lendemain en Maitre Zen.
Mais vous pouvez changer votre manière de travailler, et petit à petit, les autres suivront.
Si vous avez envie de gagner du temps sans sacrifier votre efficacité (et sans passer pour un rebelle incompris), j’ai créé un programme spécialement pour ça :
🕒 Une méthode simple pour enfin maîtriser votre temps (même en plein chaos) 🕒
Ce que vous allez apprendre :
✅ Les 3 lois du temps qui vous feront gagner 2 heures par jour (minimum).
✅ Comment stopper les interruptions sans passer pour un associable.
✅ Comment réduire de 50% vos réunions (et les rendre utiles, pour une fois).
✅ Comment influencer votre entourage pour que tout le monde adopte un rythme plus intelligent.
Bref, une méthode qui fonctionne dans la vraie vie, pas un énième « plan parfait » impossible à appliquer.
À vous de jouer. Parce que si vous ne reprenez pas le contrôle de votre temps, quelqu’un d’autre le fera à votre place.
J-Philippe Berten